Sur la question de Guerguerat au Sahara marocain

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Pr. Abderrahim Manar Slimi Président du Centre Atlantique d'Etudes Stratégiques, Rabat, Royaume du Maroc Pr. Abderrahim Manar Slimi répond à un média d'information international le 3 mars 2017

Question 1:


«En tant qu'expert de ce conflit, pouvez-vous nous expliquer les raisons qui ont conduit le Maroc à procéder à un retrait unilatéral de la région de Guerguerat comme l'a demandé Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU?»


Abderrahim Manar Slimi: «Il y a eu des changements stratégiques. Le front Polisario n'a pas respecté le cessez-le-feu et les accords qui avaient été mis en place. Ils ont voyagé du territoire mauritanien à l'océan Atlantique et ont commencé à s'opposer à la route commerciale civile internationale. Il est impossible pour le Maroc d’assurer la liaison avec l’ONU en raison du possible retour du pays dans l’Union africaine. Par la suite, une discussion a eu lieu avec le Secrétaire général des Nations Unies. Un accord a été signé et le Maroc est désormais déterminé à respecter la notion de légitimité internationale. C'est pourquoi Rabat a procédé à un retrait unilatéral de la zone et le Front Polisario est tombé dans le piège.


Question 2: «En gardant à l'esprit que le Front Polisario n'a pas quitté la zone, pouvez-vous nous donner plus de détails sur la situation? Est-ce le début d'un face-à-face entre l'ONU et le Front Polisario? »


Abderrahim Manar Slimi: «Tout d’abord, soyons clairs. Tout le monde peut voir ce que fait le Polisario. Ils restent dans cette région tout en violant les règles du droit international. Leur objectif est d'empêcher un couloir commercial international, qui peut être qualifié d'acte d'agression et cela est clairement indiqué dans la Charte des Nations Unies. Le Polisario est actuellement surveillé par le Secrétaire général des Nations Unies qui présente un rapport au Conseil de sécurité. Nous attendons avec intérêt le rapport sur le retrait du Polisario, ainsi que la résolution du Conseil de sécurité. Maintenant, il semble que le Front Polisario ne sache pas s’il faut avancer ou reculer, car il a été pris au dépourvu par le retrait du Maroc. »


Question 3: «António Guterres a souligné la nécessité de respecter les termes de l'accord de cessez-le-feu et a exprimé ses préoccupations concernant les tensions dans la région. Que se passera-t-il si nous ne respectons pas sa demande? »


Abderrahim Manar Slimi: «Le Polisario ne représente pas les sahraouis dans les provinces du sud où ils ont leurs propres élus. Ce qui s'est passé dans cette région montre que les Européens ont joué cette carte car ils sont préoccupés par le retour du Maroc en Afrique dans le sens où ce pays, qui a été un partenaire stratégique, est actuellement en excellente position.


Question 4: «Le Front Polisario utilise la carte de la Cour suprême européenne? Y aura-t-il des négociations pour trouver une solution aux litiges commerciaux et politiques? »


Abderrahim Manar Slimi: «Le Polisario bloque les routes et le Maroc a le droit de se défendre car ce Front est une menace pour la paix et la sécurité internationales. Nous ne pouvons pas abandonner cette région ni ignorer cette menace. Maintenant, il semble que tout le monde attend le premier rapport du Secrétaire général. Ensuite, la tactique changera. »

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